Mais kécécé ça ?

Un blog sur ce qui fait briller mes petits yeux: les métiers du livre, l'art des muffins, le cinéma, la musique, la ville de Dijon, et tout un tas de trucs funs et bigarrés.

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  • : Etudiante en DUT Métiers du Livre. Ex-bagnarde de Master Lettres Modernes
Mercredi 5 septembre 2007
C'est tout un art, de terminer un mémoire à la bourre.
Il faut du temps et de la patience.
La preuve: ça fait 11 mois que je trimballe un sujet super, sur lequel j'aurais pu écrire bien plus de choses. Eh bien, non, je le terminerai plus ou moins en catastrophe, sans écrire la moitié de ce que j'aurais voulu écrire. J'aimerais bien, ne serait-ce qu'une fois, connaître le bonheur d'avoir fini un travail en avance. Un tout peu en avance. Et de pouvoir du fait peaufiner un peu plus mon travail.
On dit que la fac apprend l'autonomie, mais au bout de cinq années d'université, je pense sincèrement qu'elle apprend à bosser au pied du mur. Surtout en Master. Si on tombe sur un directeur de mémoire normal (c'est-à-dire qui vous fout une paix royale et qui ne va pas aller vous chercher), on passe l'année serein, à se dire que oh, le mémoire, j'ai déjà le plan, pas de problème, la rédaction ça va être une affaire d'un mois.
Qu'on me permette d'en douter.
Ce qui apprend l'autonomie, c'est, comme dirait
Jean-Paul Brighelli, l'auteur de "La Fabrique du Crétin" entendu hier dans une émission sur l'Education Nationale, "le cul sur une chaise, à réciter du Verlaine". Le travail est une habitude, point barre. Ce n'est pas parce qu'on laisse l'enfant ou l'ado découvrir tout seul le savoir qu'il va forcément en retirer quelque chose de bon.  Alors, évidemment, depuis 30 ans on a beaucoup gagné en pédagogie, et il n'est pas question de revenir à l'école telle qu'elle l'était du temps de mes parents; il y a de bonnes choses dans l'Education aujourd'hui, bien sûr. Sauf qu'il est très dangereux de tomber dans l'excès de pédagogie: l'élève n'en sait pas autant que le maître et doit savoir se taire, être un minimum humble et apprendre.
L'étudiant surtout aurait besoin qu'on lui remette ses petites idées en place. L'étudiant est arrogant, blasé et d'une mauvaise foi écoeurante. Je peux en parler, j'en suis une. On n'a jamais besoin de rien, ni des livres que les profs nous conseillent, ni de cette nouvelle option de culture générale, ni de rien du tout. On a déjà tout vu, attendez, merde, on a quand même 20 ans, on est plus des gosses ! J'exagère, mais mes condisciples et moi-même étions, jusqu'à la licence au moins, des petits cons à gifler.
Tout ça pour dire que je ne regrette absolument pas les deux expériences de mémoires que j'ai vécues, ni mes cinq ans de fac de lettres; simplement, ce que je regrette et qui ne convenait pas à mon caractère, c'est un poncif bien connu à propos de l'université: on y est lâché en plein vol, et pas récupéré. On y est tout seul. Pour certains, c'est pain béni; pour d'autres et la majorité, à mon avis, c'est explosion en plein vol. A la fin de ma première année, les trois quarts de l'amphi s'étaient évaporés dans la nature. De l'énergie gâchée. Ben oui, on a le droit de se tromper de voie. Mais quand on est beaucoup à se tromper et que ça se répète d'année en année, y'a quand même un souci.

Tout ça, c'est pas nouveau, et je ne fais qu'exprimer une opinion qu'on entend un peu partout en ce moment, surtout dans la bouche du corps enseignant. Le Gouvernement n'aurait jamais dû reculer à propos de la sélection en fac. Je sais pas qui aura les couilles de faire de VRAIES réformes, qui à long terme changeraient réellement quelque chose. Le problème, c'est que j'entends déjà les étudiants gueuler: non, pas de sélection, la fac pour tous ! Tu parles ! Comme s'il y avait déjà pas de sélection ! Ils en voient, eux, des fils d'ouvriers en classe prépa ? (on me rétorquera que oui, qu'il y a des exceptions; ben ouais, mais on va pas me prétendre que c'est la majorité).
Et puis, il y a quand même quelque chose de facile à comprendre: nos diplômes valent déjà plus grand-chose, si pas de sélection ils en vaudront encore moins (si c'est possible) et pourquoi ? Parce que tout le monde les a !  Et pourquoi ? Parce qu'on laisse rentrer tout le monde à la fac, c'est quand même pas compliqué !
Par Biblio.Muffin - Publié dans : Boulot
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